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POUR BIEN COMMENTER LE THEATRE (A L’ECRIT ET A L’ORAL DU BAC)

 

 

I - Bien comprendre « la double énonciation au théâtre » à savoir :

 


          
  1) la première énonciation : les personnages dialoguent entre euxv  et en même temps

            2) la deuxième énonciation : les personnages dialoguent pour le public. Le texte théâtral est construit pour le lecteur-spectateur et renvoie à la société du spectateur (cf. critique sociale de Molière, les rapports maître-valets chez Marivaux).

 

Quelques exemples permettent de sentir explicitement cette double énonciation :

          - les apartés,

          - les confidents dans le théâtre classique permettent au personnage principal de se dévoiler au public avec naturel,

          - l’exposition différée (comme dans le Bourgeois Gentilhomme où M. Jourdain n’apparaît qu’à la scène 3 de l’acte I).

 

II - Pour commenter, il faut toujours envisager les différents aspects :

 

1.  Psychologique :

 

Le caractère des personnages relève-t-il d’un type figé ou est-il plus complexe ? Evolue-t-il ? pourquoi ? Comment ses hésitations sont-elles rendues ?

 

 

2. Dramatique : (dramatique vient du grec drama qui signifie action. Cela n'a rien à voir avec le sens courant du mot dramatique. Dramatique veut dire qui concerne l'action théâtrale)

 

- la progression de l’action, la construction de l’action avec un suspense à la fin de chaque acte,

- le dénouement doit intervenir le plus tard possible, dans les dernières scènes. Comment est-il amené ? Est-il logique, factice ? Qu’est-ce qui le prépare ?

- le lien entre les scènes avec des phrases pour faire entrer et sortir les personnages par exemple :« C’est notre homme : éloignons-nous jusqu’à ce qu’il soit parti ». Dernière réplique de la scène I, acte I, du Barbier de Séville de Beaumarchais.

- les péripéties, coups de théâtre, quiproquos....,

 

3.  Stylistique :

 

répliques longues, courtes, tirades, stichomythies. (une stichomythie se met en place quand les répliques sont réduites à un seul vers, les personnages se répondant du tac au tac) Qui parle le plus ? Qui est présent et ne parle pas ? les images, la versification etc...

 

4.  Thématique : quel thème est traité ? pourquoi ? Le dramaturge veut-il critiquer quelque chose. Quelle est la portée de l’œuvre ?

 


LA MISE EN SCENE

 

 

Avant la fin du XIXème siècle, la mise en scène n'existe pas en tant que tâche autonome nécessitant une créativité spécifique : la représentation met en jeu divers savoir-faire (concernant les décors, le jeu de l'acteur, etc.) relativement indépendants les uns des autres et appliqués indifféremment à toutes les oeuvres.

Au XIXème siècle, le directeur de la troupe est souvent l'acteur principal. Il s'occupe de la régie et de la coordination du spectacle. Jusqu'à la fin du XIX, le directeur de la troupe ou du théâtre assurera souvent ce rôle de régisseur, relayé parfois par l'auteur de la pièce ou par un ancien acteur. On sait, par exemple, que Racine dirigea les grands interprètes de ses pièces, que Victor Hugo,  choisissait ses acteurs et tentait de limiter les caprices des monstres sacrés. Victor Hugo se préoccupait aussi, comme Alexandre Dumas, des décors et de tous les accessoires destinés à créer la couleur locale.

 

          Depuis le début du siècle, il y a 2 grands courants de la mise en scène :

 

- la mise en scène qui cherche à imiter le réel créant l'illusion et provoquant l'identification. On aura de vrais meubles sur scène, des costumes d'époques, ...  André Antoine (1858-1943) est considéré comme le père de la mise en scène contemporaine. Il est le chef de file du théâtre naturaliste. Il a fondé le théâtre Libre. S'inspirant de Zola, il reprend l'idée que le décor au théâtre doit jouer le rôle de la description dans le roman et doit être établi avec la plus grande minutie avant même toute répétition. L'acteur doit donc jouer son rôle comme si le public n'était pas là et peut désormais tourner le dos à la salle, parler à voix basse, et surtout créer véritablement le personnage incarné. Antoine est aussi le premier à mettre systématiquement en pratique ce que Wagner avait réalisé à Bayreuth dès 1876, et que l'usage de l'électricité facilitait grandement : l'obscurité totale dans la salle pendant le spectacle. On a reproché à Antoine ses excès : réalisme minutieux des décors et des costumes, poules sur la scène, etc..

 

- la mise en scène qui suggère. La réaction au naturalisme d'Antoine et au théâtre Libre ne se fait pas attendre. Dès 1890, Paul Fort propose une mise en scène symboliste, quelques éléments suggérant les choses. Pour les décors, Paul Fort utilise tulles, gazes, mousselines, tons pâles à peine éclairés par une lumière blafarde créant une atmosphère irréelle, proche du rêve. Quant aux acteurs, ils psalmodient leur texte d'une voix monocorde, éteinte, se déplaçant avec un lenteur de somnambules sur le plateau.

De nos jours, la mise en scène oscille entre ces deux grandes tendances.

 

? fin de la section à apprendre par cœur

 

 

 


CHAPITRE 7 - EXERCICES

 

 

exemple d'un exercice :

Exercice 3

 

Agamemnon est le général en chef des troupes grecques qui sont basées à Aulis. Elles se préparent à traverser la mer pour attaquer Troie (Paris, un jeune homme troyen, a en effet enlevé Hélène, une jeune grecque). Mais le vent ne se lève pas et les innombrables bateaux ne peuvent partir. Agamemnon consulte le grand prêtre Calchas qui consulte les dieux. Agamemnon doit sacrifier sa fille Iphigénie.

 

          ACTE II, SCENE 2

 (Pour des raisons techniques, nous ne pouvons ici vous donner l'extrait d'Iphigénie tel qu'il est dans notre cours,c.a.d toute la scène intégrale car cela est trop lourd pour un article) [...]

         

Questions :

 

Les questions ci-dessous sont les questions que vous devez vous poser quand vous voulez commenter un texte de théâtre :

 

1) Typologie de la scène : s’agit-il d’une scène d’ouverture (scène d’exposition), d’une scène de clôture (scène de dénouement), d’un monologue, d’un duo, d’une scène avec de nombreux personnages ?

2) La double énonciation : précisez les effets.

3) Le fonctionnement de la parole : analyser la circulation de la parole liée à la longueur des répliques, les effets de rupture, de reprise, d’échos etc...

4) Précisez l’intérêt psychologique de la scène.

5) Précisez l’intérêt dramatique de la scène.

6) Précisez l’intérêt stylistique de la scène.

7) Précisez l’intérêt thématique de la scène.

 

 

ã   COURS PRIVE SAINT EXPEDIT

5 rue des cyclamens, 66120 Font-Romeu

tél. : 04 68 30 90 19 

 

 


EXTRAIT DE "VERS LA 1re FRANÇAIS"

 

 

CHAPITRE 7 - COURS : LE THEATRE

 

 


 

LA COMEDIE AVANT MOLIERE

 

 

? début de la section à apprendre par cœur

 

I - La commedia dell’arte italienne

 

          Il s’agit d’un genre de comédie, né en Italie dans la deuxième moitié du XVIème siècle, où les acteurs improvisent sur un simple canevas. Cela est assez facile car :

          - l’histoire est souvent la même : un valet rusé, un mariage dont ne veut pas le père qui est imbécile,

          - chaque personnage est un type : l’Ingénue (jeune fille naïve), le Scapin (valet rusé), le Léandre (jeune homme amoureux), etc…

          - la pantomime (= le mime), les jeux de scène (ex : coups de bâton) sont fréquents.

 

Lecture : vous pouvez lire le Capitaine Fracasse de T. Gautier (Vous pouvez prendre une édition abrégée si vous avez du mal à lire). Ce roman du XIXème siècle évoque ce théâtre.

 

II - La farce française

 

          Au XVème, XVIème siècle, la farce présente trois ou quatre personnages avec une intrigue simple et un renversement final (du type trompeur-trompé). Les thèmes sont ceux du quotidien (vol, adultère, querelles de ménage). On insiste sur l’exagération bouffonne, on parle de comique farcesque (= gros comique, bien lourd).

 

Lecture : vous pouvez lire La farce de maître Pathelin (traduite en français moderne)

 

 


 

Molière

 

[...]

 

 

 


 

LA TRAGEDIE AU XVIIEME SIECLE

 

I - Les acteurs :

 

Comme de nos jours les acteurs sont groupés en troupes ; trois d’entre elles sont célèbres : l’hôtel de Bourgogne, le théâtre du Marais, les comédiens italiens. En 1680 ces trois troupes s’unirent pour former une société qui existe encore : la Comédie Française.

 

? début de la section à apprendre par cœur :

 

II - Les règles du théâtre classique :

 

Quel que soit le génie des trois grands : Corneille, Racine, Molière, ils se sont soumis à des règles :

1. une pièce devait se dérouler en cinq actes

2. être écrite en vers, la tragédie tout au moins,

3. la règle des trois unités : unité de temps (se passer en un jour), unité de lieu (dans un seul lieu), unité d'action (ne présenter qu’une action.)

4.  la vraisemblance : tous les événements doivent s'enchaîner logiquement selon une logique des caractères. Pas d'événements artificiels.

5.  les "bienséances" exigent que le sang ne soit pas versé sur la scène. Pas de choses inconvenantes sur scène. Ainsi la tragédie classique ne représente pas tout sur la scène, les récits de combats sont nombreux et.

 

A suivre ces règles la tragédie a gagné :

          - en dignité : elle s’écarte résolument du mélodrame,

          - en portée : dans la tragédie classique, à la différence du drame romantique, on ne trouve pas de confusion entre action et spectacle ; nous ne vibrons pas au spectacle d'événements extérieurs, mais devant leur répercussion dans l’âme des personnages. Un beau récit de bataille nous impressionne beaucoup plus que la rencontre sur la scène de deux troupes de figurants (quelques vers de Racine parlent beaucoup plus à notre imagination qu’un pauvre poignard de carton).

 

Les règles du théâtre classique ne sont pas des procédés infaillibles pour produire des chefs-d’œuvre. Mais elles ont aidé l’art classique à prendre conscience de lui-même et à se réaliser. Enfermée dans le réseau des unités et des bienséances, la tragédie se resserre et s’intériorise, gagne en profondeur, révélant ainsi son caractère essentiel, qui est de placer « les événements hors du temps et de l’espace, dans le cœur humain ». Les règles sont le creuset d’où est sortie la tragédie classique.

 

LE DRAME ROMANTIQUE : XIXème siècle

 

 

« Le combat à mort est entre le système tragique de Racine et celui de Shakespeare ». Cette déclaration de Stendhal dans l’essai Racine et Shakespeare en 1823 situe bien le débat. La scène française reste à l’époque dominée par le modèle de la tragédie classique, porté à sa perfection par Racine au XVIIème siècle. Mais les jeunes écrivains ont lu les pièces de Shakespeare et les drames historiques de l’Allemand Schiller et trouvent ce théâtre infiniment plus libre et plus vivant, mieux accordé à la sensibilité nouvelle que la tragédie classique. Ils rêvent de donner à la France l’équivalent de telles oeuvres. Pour cela, ils inventent, à l’opposé du modèle classique, un genre nouveau : le drame romantique.

 

I -  Les oeuvres : V. Hugo : Ruy Blas, Hernani, 

                                 Vigny : Chatterton.

 

II - Théorie du drame romantique

 

          Les dramaturges romantiques veulent peindre la réalité des choses, des êtres et refusent le côté artificiel du théâtre classique (qui aime les sujets mythologiques par exemple). Deux préfaces, celle de Hugo pour son drame Cromwell (1827) et celle de Vigny pour son adaptation de l’Othello de Shakespeare (1829), définissent le drame romantique dans ses sujets, sa structure, son style.

 

Résumé des principales idées de la Préface de Cromwell :

 

[...]

 

 

          2) La structure. Les romantiques libèrent le théâtre des règles dans lesquelles l’enfermait la doctrine classique, en particulier celle des trois unités (temps, lieu, action).

          L’unité de temps et l’unité de lieu sont refusées : se limiter à un décor unique et resserrer l’action en une journée, ce serait pour les romantiques renoncer au but même du drame qui est la recréation d’une époque et d’un destin. On multipliera au contraire les décors ; on étalera l’action sur des mois, voire des années.

          L’unité d’action est repensée : l’unité de la tragédie classique, c’est l’unité d’une crise saisie dans sa phase ultime. L’unité du drame romantique, c’est l’unité d’un vaste mouvement qui mêle plusieurs destins et admet donc des actions secondaires.

 

 

          3) Le style. Quel sera le ton du drame ?

          Le mélange des genres : le théâtre classique séparait les genres : tout le côté trivial ou comique de l’existence avait droit de cité dans la comédie, genre bas, mais était absolument banni de la tragédie, genre élevé. Pour les romantiques, ces barrières sont absurdes : le drame doit refléter la vie totale. Selon Hugo, l’homme est double : il y a la part corporelle, qui est « grotesque », c’est-à-dire comique et laide à la fois ; et il y a la part spirituelle, qui est « sublime », c’est-à-dire sérieuse et belle. Pour peindre l’homme entier, corps et esprit, le drame doit mêler le grotesque et le sublime

          Le drame sera-t-il écrit en vers ou en prose ? Les romantiques hésitent sur ce point, mais tous s’accordent sur la nécessité de renouveler le langage dramatique, de lui redonner force et vigueur, d’en finir avec la musique monotone des alexandrins dans la tragédie classique. Certains le font en renonçant au vers (Vigny) ; d’autres en brisant le rythme de l’alexandrin régulier (Hugo).

          En 1830, Hernani (pièce de V. Hugo) fit scandale. C’est la bataille d’Hernani. Il fallait choisir son camp, être pour ou contre le théâtre romantique.

 

  

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